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Hommage à Jeanne

Hommage à Jeanne Leveillé

Rendre hommage à Mme Jeanne Léveillé c'est rendre hommage à tous ces Hommes et ces femmes qui ont combattu pour que des valeurs Humanistes s'inscrivent en lettre d'or dans l'Histoire des peuples et particulièrement dans notre pays.

Au moment où Jeanne Leveillé devient institutrice, dans les années 30, la France est marquée par le première guerre mondiale ; le pays ravagé, détruit, est en pleine reconstruction. Le bassin creillois est un bassin industriel ; Les conditions de vie sont difficiles, les ouvriers aspirent aux congés payés, à la semaine de 40 h, espèrent une autre vie pour eux et leurs enfants, qu'ils aient la possibilité de s'instruire.

La volonté de faire échec à la misère, au fascisme, nourrit une solidarité, alimente une volonté sans laquelle les luttes, les grèves et la victoire du front populaire aurait été impossible. Les enfants des mineurs du Nord, en grèves, ont été accueillis dans les familles du bassin creillois par exemple

L'espoir possible d'une société faite pour l'Homme, par les Hommes ; une société de respect, de partage des richesses, de chaleur humaine mobilise un grand nombre de personnes.

C'est à ces idées, défendues par le Parti Communiste, que Jeanne adhère.

Les mots employés par Lucienne Fabre, Nogentaise, résistante, à propos de son institutrice Jeanne Leveillé, traduisent bien cet état d'esprit :

"c'était une femme extraordinaire et nous l'admirions pour plusieurs raisons : à cause de son anticonformisme et aussi de sa générosité, de sa gentillesse, de son esprit d'ouverture.

C'était une femme moderne qui luttait pour l'émancipation des femmes. Elle était adorable de gentillesse, elle voulait que les élèves réussissent, qu'elles s'ouvrent à la connaissance, par exemple qu'elles apprennent l'anglais. Nous, enfants d'ouvriers, nous étions admiratifs devant une enseignante de cette qualité"

C'est en 1933 que Jeanne et Edmond Leveillé se marient et exercent à l'école Paul Bert ; école des filles et école des garçons.

Mais ces idées ne sont pas partagés par tous ; un mouvement fasciste s'organise à l'intérieur de la France et se propose de détruire, avec la république, le mouvement populaire qui apparaît menaçant les privilèges de la grande bourgeoisie. Des liens s'établissent entre les forces fascistes françaises et les états fascistes européens.




Sous le slogan "plutôt Hitler que le front populaire", rapidement, la politique de complaisance à l'égard de l'Allemagne nazi, s'accompagne de mesures répressives :

• Le parti communiste est dissout le 26/8/1939, la presse communiste interdite.
• Les députés communistes, déchus de leur mandat sont condamnés ; les élus communistes chassés de toutes les assemblées, certains arrêtés, déportés, internés en Algérie française.
• Les fonctionnaires communistes sont révoqués comme le seront ensuite les juifs, les francs-maçons, les socialistes.

Jeanne et Edmond font partie de ces militants qui, pour leurs idées, ont été licenciés, interdits de travail. Jeanne se réfugie d'abord chez son père à Gouvieux puis décide de rentrer dans la clandestinité. Jeanne et Edmond deviennent clandestins dans leur propre pays.

Et c'est dans cet état d'incertitude, de méfiance, de dangers, qu'ils vont, avec d'autres épris de liberté, créer, bâtir, construire la Résistance, les FTP (francs tireurs et partisans) le CDL fondé par Edmond Leveillé (comité départemental de la résistance). Aux risques de leur vie, ces hommes et ces femmes vont se battre contre l'occupation allemande, essayer de vivre et de survivre, se battre pour la liberté …

Des actes de sabotages, aux réunions clandestines, à l'impression et la distribution de tracts, à la diffusion des idées, les structures mises en place permettent non seulement de résister à l'occupant mais aussi de forger l'avenir.

Certains traverseront cette longue période de 5 années, d'autres périront au combat, d'autres dénoncés par des traites, torturés, seront fusillés par les nazis.

C'est ainsi qu'est mort Edmond Leveillé, dénoncé, torturé, fusillé.

Tous ces Hommes et ces femmes, connus et inconnus, ont agi pour notre liberté, pour que l'on puisse partir en vacances, pour que l'on puisse étudier, pour que l'on puisse se soigner, avoir une retraite. C'est leur combat dont nous bénéficions encore.

Au sortir de la guerre, le Parti communiste devient le premier parti du département, il compte 5 députés ; l'un d'eux est Jeanne Leveillé, première femme députée de l'Oise.

Pour raisons familiales elle renonçât dès 1946 à poursuivre des responsabilités électives, mais restât, jusqu'à la fin de sa vie, l'an passé, membre du Parti communiste français, ce dont elle était fière.

Au moment où la recherche maximale du profit détruit tant de vies humaines, où les valeurs de partage, de respect, de solidarité sont bafouées, le parcours de vie de cette femme communiste, Jeanne Leveillé, ne peut que nous servir d'exemple.


Fait le 25/4/2003
D’après différents récits.

Dernière modification le : 28/08/2021 @ 11:14
Catégorie : 100 ans du PCF

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