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100 ans PCF – Lionel Bournizien
Cheminement vers l'espoir
J'ai passé les deux premières années de ma vie à la ferme de mes grands parents ; ça donne le goût de la liberté. Enfants, nous habitions à Gournay une toute petite maison sans confort. Les parents travaillaient durement à l'usine Desmarquet. Déjà je sentais bien qu'au sein de la classe tous les élèves n'avaient pas les mêmes conditions de vie ! Dès là j'ai commencé à percevoir les injustices. Le jour, par exemple, où je reçu une fessée par le directeur de l'école (et il avait la main lourde ! ) pour une bêtise commise par le fils du vétérinaire … Le jour encore où le professeur de sport se moqua de moi devant les copains parce qu'un peu grassouillet je n'arrivais pas à effectuer le saut en rouleau .. ! Ironie de l'histoire j'ai retrouvé ce prof quelques années plus tard, à Rouen, dans une conférence donnée par Roland Leroy ; et cet imbécile était membre de la direction du Parti Communiste de Seine Maritime. Cela aurait pu m'amener vers d'autres horizons politiques, mais il n'en fut rien. Au collège Pellerin, les profs étaient de véritables hussards de la République qui ne transigeaient pas sur les valeurs humanistes. Leur influence fut réelle. Au lycée nous étions deux ou trois fils d'ouvriers parmi les fils et les filles de la bourgeoisie beauvaisienne qui nous regardaient avec mépris et condescendance. Cela m'amena à redresser la tête et à tout mettre en œuvre pour prouver que je valais autant qu'eux. Et puis il y eut les événements du printemps 68. A l'issue d'une manifestation, un groupe d'anarco-gauchistes avait brûlé un numéro de l'humanité. J'ai su à ce moment là, aux côtés de qui se situait mon combat, même si trois mois après l'URSS allait honteusement envoyer ses chars en Tchécoslovaquie ! Ainsi donc en mai 1970, ai-je envoyé mon adhésion directement au siège du Comité Central. J'ai retrouvé récemment la lettre dactylographiée de Gaston Plissonnier alors secrétaire du Comité Central, me félicitant pour ma décision. Et nous avons manifesté haut et fort notre solidarité avec le Vietnam, avec le Chili d'Allende, que Pinochet assassinait … Après un demi siècle d' « étroit compagnonnage » avec le Parti Communiste et beaucoup de déceptions électorales, je doute que les appareils pèsent encore autant dans la vie politique future, mais je reste convaincu que nos combats sont justes, même si la lutte n'est pas facile …
Lionel Bournisien
Dernière modification le : 07/12/2021 @ 16:09
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